Cérémonie du 11 Novembre

Mesdames et Messieurs les représentants des associations d'anciens combattants, Mesdames et Messieurs les élus municipaux, départementaux,
régionaux, Mesdames, Messieurs, En ce 11 novembre 2008, nous sommes ici réunis devant ce monument aux morts afin de commémorer l'armistice du 11 novembre 1918, il y a 90 ans. Partout en France, dans chaque ville, dans chaque village, nous nous unissons de mémoire pour célébrer la liberté retrouvée au terme de quatre années terribles, faites de douleur, de larmes et de drames quotidiens. Presque toutes les familles furent touchées, endeuillées, laissant, là un parent, là un ami, un fils, une fille, un père disparaître à jamais. En cette année 2008 qui a vu Lazare Ponticelli, le dernier poilu survivant de la première guerre mondiale, décéder à l'âge de 110 ans, comment ne pas se souvenir que ce conflit a constitué l'un des terreaux puissants qui fondent une nation dans la profondeur de la douleur puis dans la gloire de la victoire ? Le 11 novembre 1918, à 5h15 du matin, les plénipotentiaires allemands acceptaient les conditions d'armistice du Maréchal Foch. Quelques heures plus tard, le « Cessez le Feu » sonnait sur tout le front mettant un terme à quatre années d'une guerre effroyable. Dans la clairière de Rethondes, une des plus grandes tragédies du XXe siècle prend fin. Voici ce qu'écrira Foch : « le 11 novembre à 11 heures, le feu était arrêté sur tout le front des armées alliées. Un silence impressionnant succédait à cinquante-trois semaines de bataille. Les peuples pouvaient entrevoir le rétablissement de la paix dans le monde. Le lendemain, j'adressais un ordre du jour de félicitations aux armées alliées ». Le canon tonne, les cloches sonnent à toute volée. Les rues de la capitale sont pavoisées. Le peuple est dans les rues ; il fait fête aux nombreux soldats alliés en permission. L'enthousiasme est indescriptible… Ainsi s'achève donc cette guerre, après quatre années Modèle de discours pour la commémoration du 11 novembre d'orage de feu et de fer, qui a ravagé les vainqueurs comme les vaincus. Notre commune elle-même a payé un lourd tribut à celle qu'on pensait alors être la « der des der ». Ils avaient 15, 25 ans, se prénommaient Louis, Gaston, René, étaient palefreniers, boulangers, bourgeois ou ouvriers et devinrent soudainement artilleurs, fantassins, brancardiers. Cette guerre se résume aujourd'hui à cette macabre énumération et c'est pourquoi il est plus que jamais nécessaire d'accomplir notre devoir de mémoire avec recueillement, solennité et respect. « Pour parler de la guerre, il n'y a que des larmes », écrivait joliment Lisboa. Alors, aujourd'hui, en ce 11 novembre, rappelons-nous combien il est important de nous souvenir. Cela sert à rappeler à chacun, aux plus jeunes en particulier, toute l'horreur de la guerre. Les jeunes esprits, vierges des images atroces des conflits, doivent comprendre que cette guerre n'a pas toujours été cantonnée aux documentaires : elle a réellement existé. Dans une guerre, au fond, il n'est que des perdants. Pourtant, le 11 novembre reste le symbole d'une victoire. Victoire de la démocratie mais aussi victoire de la paix sur une désastreuse guerre européenne, entraînant une grande partie du monde dans son malheur et sa déraison. Soyons conscients de la fragilité de notre société qui n'est jamais à l'abri d'un possible retour de la barbarie qui aujourd'hui prend la forme du racisme, de l'antisémitisme, de l'exclusion et du rejet de l'autre au prétexte qu'il est différent de nous. L'actualité nous rappelle chaque jour, avec son cortège d'images tragiques, combien les armes, les conflits, les guerres n'ont jamais cessé de résonner, partout dans le monde. Rêvons ensemble du jour où le retour à la paix ne sera plus seulement, comme l'écrivait Jean Giraudoux, « l'intervalle entre deux guerres », mais plutôt comme l'avait voulu le philosophe Emmanuel Kant, l'aube « d'une paix perpétuelle ».




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